France Kyokushin

Stage avec Shihan Isobe 8ème Dan...

Lorsque l'on rencontre Shihan ISOBE, l'une des premières choses que l'on remarque,

c'est son regard facétieux et son sourire quasi permanent. Non pas un sourire poli et forcé,

mais l'expression extérieure du sourire intérieur...

Le dojo de l'ACBB a donc eu le privilège de l'accueillir les lundi et mardi qui suivaient le Festival International des Arts Martiaux à Bercy, puis le stage et les passages de grades dimanche sous le haut patronage de Kancho MATSUI en personne...

 

Shihan ISOBE ayant proposé de conduire les entrainements lundi et mardi, voici quelques temps forts de ces 2 séances

 

Lundi : cours de gradés :

Après le salut, nous commençons par l'échauffement, et en premier lieu Shihan ISOBE nous demande de bouger les orteils comme il le montre. Ca paraît simple, pourtant, première interruption de sa part : nous ne le faisons pas bien. Il a remarqué que nous ne mettons pas notre esprit dans l'exercice. Il faut non seulement bouger les orteils selon le mouvement indiqué mais aussi faire travailler son cerveau en même temps, en pensant à chacun des orteils au moment où il est sollicité. Le ton est donné.

 

Shihan nous rappelle qu'il y a 249 muscles dans le corps, ainsi que 240 tendons, et qu'il faut tous les solliciter et les échauffer avant l'effort. Nous reprenons l'exercice en pensant à nos doigts de pieds, puis aux autres membres pendant la suite de l'échauffement. Viennent ensuite les étirements dynamiques : passer d'un appui sur l'autre en pliant une jambe et en tendant l'autre, descendre le plus bas possible, pivoter en zenkutsu datchi, et enchainer rapidement plusieurs fois de suite ces positions avec souplesse. Nous n’avons pas l’habitude de le faire aussi rapidement. Shihan, lui exécute le tout avec une souplesse, une rectitude du buste, et une agilité déconcertantes. Vient l'apothéose : Shihan nous demande de garder les jambes écartées, puis il continue à les écarter gentiment en laissant glisser ses pieds jusqu'à ce qu'il soit en parfaite position de grand écart facial, puis, en partant de cette position, il pose successivement son abdomen, sa poitrine, puis son menton sur le plancher devant lui !!! Shihan félicite Alexandre Delahaye qui est derrière moi, c'est le seul à y être arrivé. Pour les 50 autres participants, tous ceinture noire ou marron, il n'y a qu'un mot qui s'impose : respect ! Le Shihan à 63 ans.

 

S'ensuivent des exercices de kihon en commençant par des techniques de base, qui valent de nombreuses interventions du Shihan : il a l'œil partout. Dès que quelqu'un exécute mal la technique, il le désigne du doigt en lui montrant ce qui ne va pas. Là aussi la Shihan rappelle qu'il n'y a pas d'exercice utile sans concentration et sans y projeter son esprit; Si c'est pour transpirer, autant faire du footing. L'exécution des techniques de base pendant le kihon doit être précise, sans cela comment exécuter la technique efficacement en combat ? Shihan cite l'exemple de Carl LEWIS, multiple recordman en athlétisme, qui s'entrainait 2 heures sur une distance de 60 mètres avant de s'attaquer à la course sur la vraie distance. Au fur et à mesure que le cours avance, et que les signes de fatigue apparaissent, Shihan rappelle que chacun est venu ce soir pour donner le meilleur de lui-même, et qu'il doit y mettre son esprit et son cœur. A ceux qui pensent ne pas arriver au bout d'un exercice fatigant, Shihan donne cette recette simple qui est de penser tout naturellement qu'ils vont y arriver, et tout le monde y arrive. Au moment où Shihan ISOBE annonce un exercice consistant à faire 100 mawashis, Shihan LEGREE rappelle que lorsqu'ils étaient au Japon, il demandait de faire des mawashis pendant 10 minutes sans interruption.

 

Puis viennent les techniques de bras et de jambes avec déplacements. Mouvements simples et auxquelles nous sommes habitués au début, puis les combinaisons se compliquent et les enchainements qu'il nous demande deviennent nettement plus difficiles à mémoriser. Je jette un coup d'œil à mes deux voisins, Baptiste DELAUNAY et Djema BELKHODJA : ils sont aussi dépassés que moi dans les derniers exercices où nous avons beaucoup de mal à reproduire les mouvements dans leur exactitude et avec rapidité.

 

Le suite du cours est une alternance entre des techniques à exécuter et des recommandations que prodigue le Shihan, sur l’esprit dans lequel il faut travailler, le dépassement de soi, l’importance d’exécuter les techniques de façon précise et juste. Pour finir le Shihan demande si nous avons des questions : Baptise DELAUNAY lui demande de détailler la technique du fameux coup de pied brésilien. Le Shihan sourit, et l’explique : le coup part du genou, et non pas du pied. Il faut monter le genou au maximum, c’est ce qui permet au pied d’aller le plus haut possible, puis, il faut en quelque sorte retourner sa jambe en l’allongeant quand elle redescend, ce qui lui permet de passer par dessus la garde de l’adversaire et de retomber entre sa garde, sur la tête. Récemment promu Sensei, Charly RARABALY, dont on connaît la souplesse, est sollicité pour détailler le mouvement avec l’aide de Shihan ISOBE et Shihan LEGREE. Shihan ISOBE demande à Baptise d’écarter les jambes le plus possible pour tester sa souplesse : Baptiste fait un “presque” grand écart. Le SHIHAN rit et remontre immédiatement le grand écart facial du début avec buste posé à plat devant lui sur le sol. Nous sourions tous : pas mieux !

 

Puis c’est le salut final, et Shihan ISOBE ne manque pas l’occasion de nous reprendre une dernière fois : plusieurs d’entre nous ont une mauvaise posture pendant le seiza : le buste et le dos doivent rester droits, même si on est fatigué. Le fait d’être vouté n’augmente pas la récupération, et ce n’est pas martial. Merci Shihan. Merci aussi à Pascal LOPEO, parfaitement qui est le brillant interprète de nos amis Japonnais.

 

Après l’entrainement, nous sommes quelques uns à nous retrouver pour dîner avec Shihan ISOBE et Shihan LEGREE. Il y a Sensei de Joannes de Koster, nos 3 nouveux Senseis instructeurs de l’ACBB : Vatha UK EL SHAU, Charly RAJABALY et Stéphane ADOLPHE, ainsi que Pierre-Philippe HEIZER le Président de France Kyokushin, et 2 pratiquants qui sont venus du Brésil avec Shihan (dont l’un d’eux est Français et a un dojo à Porto Allegre, il va s’entrainer de temps en temps chez Shihan ISOBE dont le dojo est à Sao PAULO).

 

Pendant le repas, Shihan LEGREE évoque quelques souvenirs du Honbu Dojo avec Maître OYAMA, et alors que Shihan ISOBE, qui était initialement son chauffeur, y était également instructeur. Shihan LEGREE se souvient notamment de la gentillesse de Shihan ISOBE, qui l’invitait souvent avec Shihan COLLINS. Nous parlons aussi des conditions dans lesquels nous pouvons développer la pratique du Kyokushin, qui est un art martial exigeant, à une époque où tout le monde recherche plutôt le confort et la facilité. Le message du Shihan est simple : il faut continuer à pratiquer le Kyokushin de façon précise et rigoureuse, et les Senseis ont le rôle et la responsabilité d’enseigner le Kyokushin tel que l’a conçu Maître OYAMA, sans déformation ou interprétation personnelle qui dévieraient les techniques transmises.

 

Nous nous retrouvons mardi pour le cours habituellement dédié aux compétiteurs, mais auquel Shihan ISOBE a dit à tout le monde de venir la veille. Après le salut Shihan nous demande de nous échauffer personnellement, en rappelant que nous devons pouvoir étirer et solliciter les 500 muscles et tendons dont il parlé la veille en 10 minutes.

 

Puis nous commençons les exercices proposés par Shihan, qui font vite monter le ryhtme de nos pulsations. Il faut notamment faire le maximum de tateskis au niveau jodan, d’abord en 15 secondes, puis 30 secondes, puis 50 secondes. Shihan nous demande combien de techniques nous avons exécutées dans les délais impartis : les meilleurs d’entre nous arrivent à environ 80% de ce à quoi les élèves de Shihan ISOBE sont parvenus après entraînement au Brésil. L’exercice suivant consiste à combiner le maximum de changements d’appuis avec des tateskis jodan suivis de chitaskis et de kage tsukis. Bien entendu nous sommes en nage.

 

Pendant tous ces exercices, et ceux qui suivent (travaux de mawashis dans les protections, etc...), Shihan ISOBE insiste beaucoup sur la rectitude du buste et du dos. Il ne faut pas être penché en arrière, ni en avant, ni sur les côtés. Quel que soit le mouvement de poing et de jambes, le buste doit rester droit.

 

Au bout de 2 heures, nous avons dépensé une bonne dose d’énergie, et Shihan nous indique qu’au Brésil, ses entraînements durent 3 heures, et qu’il fait souvent 38°C : mais les élèves ont le doit de boire !

 

Comme certains d’entre nous font la grimace à cause de l’effort, Shihan rappelle que nous sommes venus pour pratiquer l’art martial que nous aimons et donc nous faire plaisir, nous devons donc sourire : tout comme lui.

 

Il conclut en constatant que les pratiquants Français qu’il n’avait jamais vus à l’entrainement sont sérieux, et au passage, il signale à Shihan Jacques LEGREE qu’il a remarqué la

vigueur de notre jeune champion : Antonio TUSSEAU.

 

Pour terminer, après le salut, Shihan nous recommande de ne jamais cesser de nous entrainer, de toujours chercher le dépassement de soi, tout en espérant que lors de sa prochaine visite, il aura l’occasion de nous faire des entraînements de 3 heures, toujours avec le sourire, dont nous ne l’avons jamais vu se départir pendant cette semaine qu’il a passée à Paris.

 

Le message et le souvenir des moments passés ensemble n’en sont que meilleurs.

 

OSU

 
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